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‘’Quand on est né au Sénégal, jouer pour les Lions c’est un rêve.’’ Assane Dioussé

  • Ibou
  • 1 juin 2025
  • 6 min de lecture

Passé par Empoli, Saint-Étienne, Vérone, Ankara, la Crète et désormais l’AJ Auxerre, Assane Dioussé a connu un parcours riche en rebondissements, fait de défis, de choix du cœur et de quête de plaisir retrouvé. Dans cet entretien accordé à La Tanière 221, l’international sénégalais revient sur ses débuts dans les rues de Dakar, ses expériences contrastées à travers l’Europe, sans oublier la fierté immense de porter le maillot des Lions de la Teranga.


Assane Dioussé face à la caméra de La Tanière 221, Auxerre, France, Mai 2025
Assane Dioussé face à la caméra de La Tanière 221, Auxerre, France, Mai 2025

Est-ce que tu peux nous raconter un peu ton enfance au Sénégal, ainsi que tes premiers pas dans le football ?

Je suis né à Dakar, et j’y ai passé toute mon enfance. Comme beaucoup d’enfants là-bas, je jouais au football dans le quartier, juste pour le plaisir. C’était vraiment quelque chose de naturel, on jouait tout le temps. Et puis, petit à petit, les gens autour commençaient à dire : « Le petit, il est bon ».


Mon père, qui vivait en Italie, entendait ces retours. Quand il a vu que ça devenait sérieux, il a décidé de me faire venir en Italie, vers mes 13 ans.


C’est là-bas que j’ai vraiment pris conscience que je pouvais aller plus loin, que le football pouvait devenir quelque chose de concret. Avant, je jouais partout, sans vraie position. En arrivant en Europe, j’ai commencé à apprendre le jeu, à me structurer.


Et du coup, comment tu t’es retrouvé à Empoli ?

Quand je suis arrivé en Italie, on vivait à Carrara. Mon père connaissait un recruteur local, qui a proposé de me voir à l'entraînement pendant une semaine.


Comme je n’avais pas encore les papiers, je ne pouvais pas aller n’importe où. J’ai donc fait un essai là-bas, et ça s’est bien passé, ils m’ont repéré tout de suite. Ensuite, grâce au bouche-à-oreille, des recruteurs d’Empoli ont entendu parler de moi, sont venus me voir… et c’est comme ça que tout a commencé.


Et quelles étaient tes premières impressions du football italien, toi qui venais tout droit du Sénégal ?

Franchement, c’était un vrai choc. J’étais encore jeune, je ne connaissais pas le monde professionnel, mais j’ai vite compris que c’était très différent. En Italie, on te forme beaucoup sur la tactique, sur les déplacements, le positionnement…


Tu ne joues pas juste pour le plaisir. Chaque séance, chaque match, c’est pour apprendre, progresser. J’ai énormément grandi là-bas.


Après des débuts réussis en Serie A, tu rejoins Saint-Étienne. Comment ce transfert s’est-il concrétisé et comment tu l’as vécu ?

Après ma saison en Serie A, j’avais plusieurs propositions pour rester en Italie. Et puis, dans les dernières heures du mercato, mon agent m’a parlé de l’intérêt de Saint-Étienne.


J’ai tout de suite dit que j’avais envie de découvrir autre chose. Je sentais que j’avais fait mon temps en Italie, que c’était le bon moment pour changer d’environnement, relever un nouveau défi. C’est un choix que j’assume pleinement.




Et ton adaptation à la France, comment elle s’est passée ? Quelles différences as-tu notées entre les deux championnats ?

L’adaptation n’a pas été simple au début. Je ne connaissais ni le championnat français, ni la culture. Je suis arrivé avec l’énergie de ma bonne saison en Italie, mais je ne savais pas à quoi m’attendre. À Saint-Étienne, il y avait beaucoup d’attente, beaucoup de pression, et c’était une période un peu compliquée pour le club.


En Italie, le jeu est plus tactique, plus posé. En France, c’est plus physique, plus rapide, et techniquement aussi, ça va très vite. Il faut être complet. Mais c’est justement ça que je cherchais : un nouveau challenge, une autre façon de progresser.


Et peu de temps après ton arrivée en France, tu es appelé pour la première fois en sélection nationale, pour le match contre l’Afrique du Sud en éliminatoires de la Coupe du Monde 2018. Comment ça s’est passé ?

J’avais fait une bonne saison en Italie, et dès mes premiers matchs à Saint-Étienne, j’ai bien performé. Le sélectionneur Aliou Cissé m’a remarqué. Et avec la communauté sénégalaise, quand un joueur se distingue à l’étranger, les gens en parlent beaucoup. Ça a sans doute aidé aussi. Il m’a appelé, et c’était une énorme fierté.


Et justement, que ressent-on lors de cette première sélection avec le Sénégal ?

C’était incroyable. Une immense fierté. Quand on est né au Sénégal, jouer pour les Lions c’est un rêve. J’aurais pu, à un moment, rejoindre les équipes jeunes en Italie, j’avais cette opportunité. Mais dans ma tête, c’était clair depuis le début : c’est le Sénégal ou rien. Je suis né là-bas, j’ai grandi là-bas, je connais les gens, la culture. C’était un choix du cœur, et je ne l’ai jamais regretté.

Quel impact a eu ta première sélection en équipe nationale sur ta carrière ?

Être appelé en équipe nationale a vraiment été un tournant dans ma carrière. Mentalement, ça m’a fait grandir. Tu représentes ton pays, donc tu dois être plus mature, plus responsable. Ça t’oblige à être régulier en club, parce que la sélection, c’est un autre niveau : tu n’as pas le temps de t’installer. Il faut être prêt tout de suite. Cette étape m’a vraiment aidé à franchir un cap.


En 2020, tu rejoins le Chievo Vérone en Serie B. Comment as-tu vécu ce retour en Italie ?

C’était un choix stratégique. J'avais besoin de temps de jeu en vue de la CAN, et à Saint-Étienne, c’était compliqué. En arrivant à Vérone, le club n’était pas dans une bonne situation : on était onze à se battre pour éviter la descente. Mais personnellement, mon objectif était clair : retrouver du rythme, jouer, me relancer. Et malgré le contexte, j’ai eu de bonnes sensations. C’était un bon choix.

 

Comment s’est passé ton passage à Ankara ?

La Turquie, c’était une expérience spéciale. J’y suis allé parce qu’un coach que je connaissais m’avait recruté. Mais sur place, c’était différent. Le professionnalisme n’était pas toujours au rendez-vous, surtout sur des aspects comme les salaires. Ce n’est pas une expérience que je regrette, mais ça m’a refroidi sur certains aspects.

 

Puis tu pars en Grèce, à l’OFI Crète. Comment as-tu vécu cette étape ?

Très belle expérience. C’était un moment où j’avais besoin de reprendre du plaisir. J'avais peu joué la saison précédente avec Saint-Étienne, donc je voulais un club où je pouvais m’exprimer. Et à l’OFI, c’était le bon choix : pas un grand club, mais une vraie famille. J’ai retrouvé le plaisir de jouer, et ça m’a fait énormément de bien.

 

Comment comparerais-tu les styles de jeu en France, en Italie et en Grèce ?

En Italie, c’est très tactique. Une erreur peut coûter cher. En France, c’est plus “box-to-box”, avec beaucoup d’intensité mais aussi de la qualité technique. En Grèce, seules 3-4 équipes sont vraiment au niveau, le reste est plus moyen. Chaque championnat a ses spécificités.


Comment s’est passée ton arrivée à l’AJ Auxerre ?

J’ai rejoint Auxerre grâce à David Vannuchi, le directeur sportif, qui m’avait déjà recruté à Saint-Étienne. C’est quelqu’un qui a toujours cru en moi. Quand il m’a parlé du projet ici, j’ai dit oui sans hésiter. C’est un club familial, humainement fort, et tout ce qu’il m’avait décrit, je l’ai retrouvé. Je ne regrette pas du tout.



Quel bilan fais-tu de la saison actuelle, sur le plan collectif et personnel ?

Collectivement, on fait une très belle saison. L’état d’esprit est incroyable, on joue sans peur, même contre les gros. Individuellement, je n’ai pas eu beaucoup de temps de jeu cette saison, mais je continue de bosser. Je suis surtout content pour les jeunes comme Kévin Danois qui saisissent leur chance. On est une vraie équipe, soudée, et je reste concentré sur le travail.


Une anecdote en équipe nationale à partager ?

Le jour où j’ai dû chanter devant tout le monde (rires). J’avais préparé une chanson, mais un coéquipier m’a mis dans la sauce et j’ai dû changer au dernier moment. J’ai lancé “Tajaboon” et tout le monde a explosé de rire. C’est un super souvenir, on rigole encore avec les anciens.


Quelle est ta plus grande satisfaction en carrière ?

La montée avec l’AJ Auxerre. Quand je suis arrivé, j’ai senti dès les premiers entraînements qu’on avait une équipe pour monter. Le jour de la montée, voir tous les gens du club heureux, ça m’a marqué. Et mon fils qui est venu me rejoindre sur le terrain... c’était fort.


Tes objectifs pour les prochaines années ?

Continuer à travailler, à prendre du plaisir, retrouver du temps de jeu et rester au haut niveau. Je veux toujours progresser et me battre pour ce que j’aime.




 

L’adversaire ou le joueur qui t’a le plus impressionné ?

Je dirais le PSG. Que ce soit à Geoffroy-Guichard ou au Parc, c’était un autre niveau. Mais sinon, je suis quelqu’un que rien n’impressionne sur le terrain. Je respecte, mais je reste concentré sur moi.

 

Quel conseil donnerais-tu à un jeune qui veut devenir footballeur pro ?

Travail, respect, discipline. Le talent seul ne suffit pas. Il faut s’accrocher même quand ça ne marche pas. Se fixer des objectifs et ne jamais abandonner. C’est la régularité et le mental qui font la différence.

 

Un dernier mot pour les supporters de l’AJ Auxerre ?

Merci pour tout. Leur soutien fait la différence à chaque match. Qu’ils continuent à être derrière nous, et ensemble, on pourra vivre de très belles choses encore !


Entretien réalisé par Ibrahima Sall

 
 
 

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